À l’automne 2025, nous avons été confrontés à une situation peu fréquente dans deux troupeaux laitiers de la MRC de Lotbinière. L’histoire, semblable entre les deux troupeaux, a commencé par des vaches laitières en chute de lait et baisse modérée d’appétit. Cela pouvait durer 3 à 5 jours avant de revenir à la normale. Quelques vaches ont eu des épisodes de fièvre. Une faible proportion ont fait une mammite clinique avec pis flasque, où le lait avait une apparence de crème ou colostrum. Les deux troupeaux ont eu une augmentation spectaculaire de leurs cellules somatiques avec des pics dépassant les 800k pour l’un des troupeaux.
S’en ait suivi des épisodes d’avortement chez les vaches et génisses, souvent dans les derniers 3 mois du stade de gestation. En tout, environ 40 à 50% des animaux ont eu des symptômes et 5% des animaux ont avortés. Une des particularités est que les deux troupeaux sont voisins. Les tests laboratoires ont réussi à démontrer une infection causée par la bactérie Leptospira. Il existe plusieurs sérovars (souches) de leptospirose qui peuvent affecter la plupart des mammifères.
Certains animaux sont des réservoirs (porteurs) de certaines souches de leptospirose, alors que d’autres vont être des hôtes accidentels. Dans la souche isolée dans les deux troupeaux en question est Leptospira pomona. Il s’agit d’une souche que l’on retrouve dans la faune sauvage (raton laveur, mouffette, ….) et où les bovins sont des hôtes accidentels.
Les animaux infectés vont excréter la bactérie via leur urine, devant ainsi le principal vecteur de transmission. L’urine contaminée entrera via les muqueuses ou des lacérations cutanées pour contaminer d’autres animaux. Les symptômes les plus souvent observés chez les bovins sont : avortement, fièvre, mammite, baisse au lait, anémie, atteinte du foie (jaunisse), atteinte des reins (insuffisance rénale).
Pour la prévention, il faut éviter le contact avec l’urine des animaux sauvages en évitant la présence de mares d’eau stagnantes où les animaux peuvent aller s’abreuver, la protection des aires d’alimentation de la vermine et, la vaccination.
Des vaccins efficaces sont disponibles pour les espèces bovines et canines. Il n’est d’ailleurs pas rare de recevoir des chiens infectés en clinique qui présenteront des symptômes tel que perte d’appétit, fièvre, jaunisse, insuffisance rénale.
N’hésitez pas à discuter avec votre vétérinaire si vos animaux sont à risque de contracter la bactérie. Il sera la meilleure personne pour répondre à vos préoccupations.
Autre détail important, la leptospirose est aussi une zoonose. L’humain peut donc aussi contracter la maladie, d’où l’importance de bien protéger nos animaux domestiques pour éviter qu’ils ne deviennent une source de contamination.

